mardi 22 mai 2007

Lucky You

Payez les blinds et placez vos paris ou couchez-vous. Le vocabulaire du poker, ça nous connait ! En effet, depuis quelques mois nous avons cédé à la mode du Texas Hold'em Poker, au point d'aller au cinéma voir un film sur le sujet alors que nous le soupçonnons d'être une daube.
Las ! Nous avons été agréablement surpris. Je vous rassure tout de suite, il ne s'agit tout de même pas d'un chef-d'oeuvre. Mais nous avons passé un bon moment. Le film est très pédagogue sur tout ce qui concerne le poker, même s'il aborde principalement le Texas Hold'em. Mais c'est tant mieux, car nous n'avons pas entièrement compris les scènes évoquant l'Omaha ou d'autres variantes. On voit quelques jolis coups, quelques bad beats et quelques techniques de vieux singes.
Parmi les bon côté de ce film, on a aussi un aperçu humoristique de l'éventail d'énergumènes et d'originaux que l'on peut recontrer à Las Vegas : le psy par téléphone qui tient 5 conversations simultanément, le type qui parie tout et n'importe quoi mais surtout n'importe quoi, etc.
En ce qui concerne le scénario, les rapports du père et du fils se font uniquement par le truchement du jeu, ce qui les rends originaux et intéressants. En revanche, l'histoire d'amour est complètement cucu-la-praline, la jolie Drew Barrymore a un rôle de nunuche intégrale et Eric Bana, le beau gosse, nous ressort tous les clichés pour la (re-)conquête de cette dernière.
Bref vous l'aurez compris, c'est un bon nanar à aller voir si on aime le poker et qu'on a la carte cinéma illimité.


Crédit photo : Snoow et TwingoCerise

lundi 14 mai 2007

La table de Guy

Avant d'ouvrir ce restaurant à Bron, Josette et Guy Jandart tenaient La Brunnoise à Villeurbanne. Elle en salle et lui en cuisine faisaient déjà des miracles (Je me souviens d'un poulet à la réglisse à se damner). Par sa situation géographique et ses horaires (ouvert seulement le midi), La table de Guy se prête beaucoup aux repas d'affaires ; mais les fins gastronomes auraient tort de l'ignorer.

Pâtissier de formation, Guy est cependant bien meilleur dans ses matières de prédilections : les plats et les sauces. Et comme c'est un amoureux du produit, on ne trouvera chez lui que ce qu'il y a de meilleur.



Ce jour là, les écrevisses de Borsalino étaient d'une fraîcheur et d'un goût incomparable (avec une bisque à saucer jusqu'à la dernière goutte), quant au boeuf à la plancha Manteau Rouge, il était plus tendre que du beurre et plus savoureux que tout ce qu'on peut imaginer. Forcément, quand on sait que les Jandart se fournissent exclusivement aux Halles de la Part-Dieu (Trolliet pour la viande, Richard pour le fromage, etc...) cela n'étonne plus !



Amour du bon produit, mais aussi amour des vins sont la marque de fabrique de Guy Jandard. Une visite dans sa cave a pu nous faire mesurer l'immensité de cet amour. Il vadrouille chaque année aux six coins de l'hexagone (et même au delà) pour nous dégotter de merveilleux vignerons et faire figurer sur sa carte des vins exceptionnels à petit prix.

Enfin, grâce à un développeur de génie (que nous ne nommerons pas ici, car il est d'une modestie incommensurable) La table de Guy a désormais son site web qui nous permet de consulter les menus, la cartes et les vins qui changent souvent, en fonction des saisons et des envies du chef. Visitez donc latabledeguy.fr régulièrement et lorsque le menu vous plaît : courrez vous régaler !


- On y retoune bientôt mon coeur ?
- Oh que oui mon amour !

mardi 8 mai 2007

La femme qui parlait à sa robe de chambre

De ses voyages en Algérie, Stani Chaine a gardé un amour pour ce qu'il a pu voir d'Oran à Alger, ainsi que quelques petits carnets gribouillés d'idées saisies au vol, de scènes vécues, de petites phrases drôles entendues ça et là ("Il vaut mieux guérir que prév... que ... qu'après c'est trop tard quoi !"). Puis, petit à petit, dans son esprit naquit l'histoire d'une femme franco-algérienne qui a vécu beaucoup de choses belles ou moins belles. Elle raconte ses souvenirs d'enfance ou de guerre, nous fait partager son amour pour Souad Massi et pour bien d'autres choses.

Claire Néel, comédienne de la compagnie Quat'conscience, s'est approprié ce monologue poétique, fort en émotions, mais aussi politique, pour en faire un véritable spectacle. Elle l'a mis en scène et le joue avec un dynamisme, un humour et une énergie sans pareille, mais n'oublie pas de nous faire passer toute l'émotion du texte de façon forte.



Bref, courrez vite au Carré 30 car il ne vous reste plus que quelques jours pour aller la voir (jusqu'au 13 mai) et vous aurez en plus la chance de voir aussi le très beau spectacle Bouchouka, de et avec Myriam Boudénia.
Ensuite, ces deux spectacles feront une pause avant d'être montrés à nouveau cet été pour le festival d'Avignon.

lundi 23 avril 2007

Le Nord - Paul Bocuse

Avez-vous un pire ennemi? Je ne vous le souhaite pas mais si vous désirez faire une mauvaise surprise à quelqu'un j'ai l'endroit idéal: Le Nord. Qu'ai-je donc contre cette brasserie dont la signature de Bocuse devrait nous faire rêver?
Au départ, malgré notre légère déception à l'Est, je pensais passer un agréable moment culinaire dans un restaurant qui ne devrait pas avoir à faire ses preuves. En effet, on ne supposait pas trop se tromper en choisissant de tester les quatres progénitures du chef Bocuse. Hélas, bien que Borsalino fût d'une compagnie plus que sympathique, nous sommes tombés de Charybe en Sylla. C'est un peu fort mais notre désarroi était à la hauteur du manque de saveur de cette cuisine. Tout d'abord nous avons été accueillis de manière très correcte par un personnel plutôt sympathique, ce qui rattrape le décor peu original et surchargé de fausse modestie de cette brasserie. Malgré un immense effort de réflexion sur ce que j'ai pu ingurgité ce soir-là, je n'ai pas pu me souvenir avec précision de ce que Borsalino et moi avons choisi de goûter. Ce dont je suis certaine, c'est que les noms des plats annonçaient surprises et délectations, surtout au vu de leurs prix, mais que nous nous sommes retrouvés devant des plats insipides et creux. Du poisson certes bon mais accompagné d'une sauce au beurre sans relief et de légumes sans goût que n'importe quel étudiant habile à préparer des nouilles saurait faire cuire de la même façon. J'avais l'impression que ma grand-mère atteinte d'Alzheimer était en cuisine et, ayant oublié la recette, avait décidé de tout faire cuire à l'eau sans sel ni assaisonnement ("mais c'est bon pour le coeur!" aurait-elle dit.)
Et le summum fût l'addition qui, elle, était généreusement épicée et provoquerait une crise cardiaque à mon oublieuse aïeule. Ceci m'amène à une terrible nouvelle: ne comptez plus sur nous pour tester la patte de ce cher Bocuse, notre décision d'arrêter là ce challenge est ferme et définitive, Adieu la Rose des Vents.

Le manège de Lola

Après cette longue interruption de message je reviens vous parler d'un groupe qui me tient vraiment à coeur.
Mené de main de chef d'orchestre par Denis (guitariste, chanteur, auteur et compositeur), accompagné d'un quatuor plus que talentueux, on vibre par la musique rythmée et les paroles doucement poétiques. Chapeau bas donc à Laurent (bassiste) pour sa présence festive, Loran (batteur) pour ses rythmes jazzys, Ivo (violoniste) pour son talent de musicien et un coup de coeur amical à Mam'zelle Amandine qui donne le ton par sa voix colorée. Tout ce petit monde s'en donne à coeur joie sur scène sur des chansons abordant tous les thèmes, et dont la musqiue vous donne envie de danser. Je vous invite à en apprendre plus et à les écouter ici, et à suivre cette petite troupe qui, j'espère, continuera longtemps à nous faire rêver.

mercredi 21 mars 2007

La vie des autres

Vos dévoués Borsalino et Manteau Rouge ont un peu de retard sur la critique de ce film sorti en France il y a bientôt deux mois et primé au Academy Awards (les Oscars) il y a un mois, mais ce film est tellement couvert d'éloges et de critiques dithyrambiques que nous nous devions d'aller le voir.

Florian Henckel von Donnersmarck, le nom n'est pas facile à retenir mais pourtant il le faudra car c'est le nom du réalisateur de ce film exceptionnel. La vie des autres nous fait suivre le cheminement intellectuel et affectif d'un agent de la Stasi (Stadt Siecherheit, les "RG" de l'Allemagne de l'Est) chargé de surveiller un couple d'intellectuels qui, au fil des jours, le fascinent de plus en plus.
Ce film est fortement chargé en émotion, Borsalino y a même lâché quelques sanglots, et pourtant le réalisateur ne tombe jamais dans la facilité. Ulrich Mühe, un Kevin Spacey allemand jouant l'agent de la Stasi, est exceptionnel dans son personnage froid et insensible, méthodique et professionnel dans son immonde tâche, mais que l'on va sentir petit à petit affecté par la vie de l'écrivain et de la comédienne. Les protagonistes ne se croisent presque jamais face à face, mais leur vie sont pourtant imbriqués et liées à jamais. Il est difficile d'en raconter plus sans dévoiler quelques secrets qui vous gâcheraient le spectacle, alors je vous encourage à aller voir ce film magnifique avant qu'il ne soit plus en salle. Vous pourrez y voir que décidément, après Good Bye Lenin ou encore The Edukators le cinéma allemand continue son ascencion.

mercredi 14 mars 2007

Les visionnaires

Amis lecteur, tu n'as pas de chance. Je vais faire l'éloge d'une pièce de théâtre dans une création que tu ne pourras malheureusement pas voir. Néanmoins, j'éspère que ça te donnera envie d'aller voir plus de spectacles à l'ENSATT, l'École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre, une des plus fameuses institutions de théâtre de France, installée dans la capitale des Gaules depuis quelques années maintenant.

De manière générale l'école a de gros moyens. Les décors, les costumes et les lumières sont souvent impressionants sans oublier que les élèves sont régulièrement mis en scène par de grosses pointures du milieu. La création des Visionnaires (1637), comédie de Desmarets de Saint-Sorlin, n'a pas dérogé à la règle, sauf peut-être pour le décor assez minimaliste. La mise en scène a effectivement été confiée à Christian Schiaretti, l'actuel directeur du TNP, qui a réussi à me passionner pendant les deux heures et demi de cette comédie légère et drôle.
Et la qualité était au rendez-vous. Malgré le texte, dont le français vieilli n'aide pas à la compréhension, les comédiens ont réussi à faire tordre de rire toute la salle, même si les mauvaises langues diront que c'était dû à mes explosions de rire bruyantes et communicatives. Il n'y a pas a pinailler, on a vraiment affaire à de futurs grands professionnels, même si certains sont encore plus doués que les autres.
Et puis on aura apprécié l'originalité de la mise en scène, qui réussi à faire passer tous les acteurs par tous les rôles sans perdre le spectateur en route grâce à un procédé simple qui consistait à donner un objet particulier à chaque personnage (un livre à l'intellectuel, une épée au guerrier, etc.) Mais de toutes façons, vu les qualités des comédiens et celles du texte, les personnages se reconnaissaient rapidement, autant par le jeu que par la manière de s'exprimer.

Bref, l'ENSATT c'est bon, mangez-en ! Vous y goûterez forcément l'originalité, la qualité et le talent.